Bernard Thévenet en gardien du patrimoine

Quand la société ASO est devenue l’organisatrice du Critérium du Dauphiné, en 2010, elle s’est tournée tout naturellement vers Bernard Thévenet pour lui proposer d’en être le directeur de course.

Le double vainqueur du Tour de France, également victorieux à deux reprises de cette épreuve (1975, 1976), vit près de Grenoble, connaît parfaitement les routes de sa région, et il endosse avec fierté la responsabilité de faire vivre une course qui fut, depuis sa création en 1947, un point de passage obligé avant le Tour de France. « Plusieurs raisons expliquent que le Critérium du Dauphiné est important pour les principaux protagonistes du Tour de France, dit-il avec enthousiasme. Par son programme de huit étapes, dont plusieurs se disputent en montagne, il est le révélateur d’un état de forme et quand vous êtes mal dans le Critérium, il est vraisemblable que le Tour de France ne sera pas facile. En même temps, il reste deux semaines avant le départ et il est encore temps pour les coureurs de régler quelques détails et de travailler les points faibles. Ce qui n’est absolument pas possible après le Tour de Suisse. Enfin, c’est une ligne importante à ajouter au palmarès ! Le Critérium du Dauphiné est une course qui se gagne avant d’être une course de préparation.»

En 2011, ni Alberto Contador ni Andy Schleck,  les deux premiers du Tour de France 2010, ne seront présents dans l’épreuve mais dans la catégorie des coureurs attendus au prochain mois de juillet, tous les autres seront sur la ligne de départ de Saint-Jean de Maurienne, Cadel Evans, Ivan Basso, Alexandre Vinokourov, Robert Gesink, Bradley Wiggins, Samuel Sanchez, Tony Martin, Jürgen Van den Broeck ou le vainqueur sortant Janez Brajkovic. La course, arbitrée par des coureurs français décomplexés, promet d’être intense.

« La différence avec mon époque, précise Thévenet, est que le Tour occupe les esprits des coureurs trois mois avant le départ et qu’il s’adresse désormais à des spécialistes qui ne pensent qu’à ça. Le Critérium du Dauphiné subit aussi une concurrence plus intense avec le Tour de Suisse, le Tour d’Italie et quelques autres épreuves comme le Tour de Californie mais son intérêt reste le même et les champions au départ savent qu’il s’agit d’une course à proprement parler, d’un rendez-vous majeur. »

Néanmoins, afin de répondre aux attentes de chacun, Bernard Thévenet a concocté un parcours très équilibré, proposant deux étapes de haute montagne, deux autres de moyenne montagne et un contre la montre très exigeant à Grenoble. Le même, rigoureusement, que celui programmé dans le Tour de France, à la veille de l’arrivée finale à Paris.

« C’est une grande première, assure le directeur du Critérium du Dauphiné, jamais cela ne s’était produit et bien entendu c’est le moyen pour les protagonistes du Tour de se livrer à un vrai test et non pas à une simple reconnaissance. Dans ce parcours, il y a en a pour toutes les catégories de coureurs et les deux gros morceaux de la semaine seront donc ce contre la montre (41 km) et l’ascension du col du Glandon (22 kilomètres) précédant l’arrivée à la Toussuire le dernier jour ! »



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